Notre carnet du Maroc
Sommaire
Nous pourrions dire que nous avons fait le tour du Maroc, mais nous n'avons pas fait le tour de sa culture. Nous la pensions proche de l'occident, vestige d'un passé colonialiste peu glorieux, mais la société marocaine est bien plus qu'une France africanisée. Elle se situe entre modernité et traditions : d'un côté nous avons Sa Majesté le roi Mohammed VI de l'autre le parlement, partout on sent l'occidentalisation de la société mais son cœur reste musulman.
Nous avons tout d'abord été surpris par l'importance que prenait le ramadan dans un pays musulman. Il rythme la journée. Les souks se réveillent tôt, peut-être vers huit heures, peut-être plus tôt. Dans tout les cas, trop tôt pour nous. Ils ronronnent tranquillement leur commerce durant la journée, mais à partir de dix-sept heures la ville se tend. Les gens se pressent, les rues se vident, on range les étalages. Quelquefois les esprits s'échauffent et on se retrouve au cœur d'une altercation entre marocains. Elle se terminera dans une de ces petites ruelles dont la médina regorge. Sans conséquence. Les esprits sont ailleurs, le corps ne peut combattre. Il est trop usé par cette journée de jeûne.
A dix-huit heures on ne trouve plus personne dans les rues. Les magasins sont fermés, les restaurants ne servent souvent rien à manger et même les cyber-cafés ont fermés leur porte. Les gens sont chez eux, ils partagent le fto, leur petit déjeuner. Il se compose principalement de pain et de pâtisseries, mais diffère selon les régions et les foyers. Néanmoins il se termine toujours par un bol de harira, une soupe de légumes légèrement épicée au cumin et à la coriandre, qu'on ne peut déguster qu'au ramadan.
Ce n'est que vers vingt heures que l'activité reprend, elle atteint son paroxysme vers vingt-deux heures et s'éteint aux alentours de vingt-trois heures trente. Durant cette période, les rues sont bondées : on marchande, on boit un thé à la terrasse devant un match de foot, on se promène seul, en famille, avec des amis. Ici on décode la carte SIM d'un téléphone portable, à coté on vend de la menthe pour préparer le thé, là-bas on presse des oranges pour en vendre le jus dans la soirée. Les commerces sont aussi variés que les gens qui les fréquentent.
Lorsque les lumières s'éteignent, la vie ne s'arrête pas pour autant. Durant toute la nuit on entend raisonner des tambours et quelques fois même siffler des trompettes. Certains les maudiront pour les avoir réveiller à des heures indues, mais elles sont là et fond partie intégrante de cette culture qui nous surprend. Le matin, vers cinq heures, les muezzins sonnent le réveil : c'est le début d'une nouvelle journée.
Le GIE (Groupement d'Intérêt Economique) "Femmes Du Rif"
"Femmes du Rif" c'est un ensemble de
8 coopératives comptant
300 femmes qui travaillent à la production
d'huile d'olive. Elle nous ont accueilli pour que nous analysions leur besoin en financement et que nous les aidions à déterminer leur croissance dans les années à venir.
La région du Rif regroupe parfaitement les conditiopns necessaires à la production d'olives. Un ensoleillement constant, une haute haltitude et des précipitations en automne donnent des
olives de très bonne qualité.
La récolte se fait ainsi du mois
d'octobre au mois de janvier et c'est durant cette même période que ces femmes apportent leur production jusqu'à
l'unité de trituration la plus proche qui transformera les olives en huile. Dans ce processus 100 kilos d'olives donnent alors environ 16 kg d'huile.
Les procédés, le suivi et le controle qualité permettent de produire
une huile extra vierge (0 à 0,9% d'acide oléique) ensuite exportée sur le marché Français par
Alter Eco, vendu sur le marché local ou tout simplement servant à la consomation des productrices.
Durnant le reste de l'année, ces femme produisent aussi du
miel ou du couscous. En effet cette petite période de récolte ne leur permet pas de gagner suffisemment d'argent pour l'ensemble de l'année.
Jusqu'à la fin de l'année 2006, ces coopératives bénéficient de
l'aide de l'ONUDI qui leur a permit jusqu'ici de couvrir leur frais de fonctionnement. L'arret de cette aide est
un véritable changement, elles devront désormais compter sur leur
autosufisance pour financer les récoltes, l'achat de nouvelles machines et les salaires des différents employés. De plus le changement de statut passant
d'une fédération de coopératives à un GIE implique des complications organisationnelles et financières considérables.
Nous leur avons donc rédiger un document leur permettant de déterminer les problèmes qu'elles rencontreront et diverses solutions pour atteidre leur autosufisance. Ce document servira aussi à Alter Eco pour
déterminer leurs besoins en fonds de roulement et en préfinancements.
La coopérative des "Oliviers de Ouaoumana"
Dans le Moyen Atlas
Jean-Quentin et Charles ont retrouvé
Aziz qui a monté, il y a un an et demi,
une coopérative d'olives de table. Elle compte
26 membres vivants à peine avec ce que leur rapporte leurs activités agricoles. Ainsi le but de cette coopérative est, à court terme,
aider les plus démunis et à plus long terme permette à la population de bénéficier du potentiel que lui offre
l'unique ressource de la région, l'olivier.
Alter Eco s'est engagé à acheter les quatre tonnes d'olives produites l'année dernière, et s'engage de nouveau sur
une durée de trois ans à importer la production de la coopérative (20 tonnes sont prévues pour cette année).
Les habitants d'
Ouaoumana vivent en majeure partie grâce à cette culture, et on peut voir sur
la place du marché aux olives à quel point cette activité tient une place prépondérante. En effet dès le début de la production (début octobre) les producteurs y viennent afin de vendre leur production à des prix très variables dont la moyenne dépasse rarement
6 Dirham (0,60 euros) le kilo.
Le commerce équitable, quant à lui, assure aux producteurs une rémunération de
7 Dirham le kilo plus une prime pour la coopérative de 2 Dirham par kilo.
Notre travail sur place à consister à établir
un buisness plan de la coopérative orienté sur les
flux monétaires et sur ses
besoins en investissement. Ce document servira à la fois de ligne de conduite stratégique de la coopérative pour les trois ans à venir mais aussi d'une base solide pour constituer un
dossier de bourse.
En effet la coopérative à besoin de subventions afin de mettre en place
une unité de conditionnement des olives. Jusqu'à maintenant les olives étaient envoyées à Casablanca et ceci
en moins de 24 heures pour leur mise en bocaux. Le fait de bénéficier d'un local de conditionnement permettrait de nouveaux emplois, un meilleur contrôle de la qualité et la possibilité de diversifier les produits en proposant par exemple des olives aux piments, au citron...
En conclusion, nous voulons remercier chaleureusement toute l'équipe des
"Oliviers de Ouaoumana" de nous avoir accueilli avec autant de gentillesse. Nous avons été totalement intégré à la culture locale et avons passer des soirées mémorables à parler de tout avec les berbères (ou Amazires) de cette tranquille petite ville. Nous tenons aussi à préciser que cette très jeune coopérative est totalement
ouverte à toute initiative étudiante. Il y a en effet encore beaucoup de choses à faire pour que cette petite structure atteigne les
300 bénéficiaires qu'il se sont fixé pour dans trois ans. Que se soit dans les domaines de la science, du commerce équitable, du développement ou de l'agriculture
n'hésitez pas à nous contacter pour que nous vous mettions en relations avec ses gens adorables.
La ville d'Agadir est située à la limite du
Sahara occidental, elle est par conséquent exposée à des conditions climatiques particulièrement chaudes et sèches. Dans cet environnement un seul arbre arrive à survire et on le trouve sur des centaines d'hectares dans toute la région :
L'Arganier.
La particularité exceptionnelle de cet arbre est d'être
une espèce endémique au Maroc, il n'existe donc nulle part ailleurs dans le monde.
De plus on peut extraire de son fruit une graine qui une fois pressée libère une huile dont les propriétés sont remarquables!
Deux sortes de traitements peuvent alors s'opérer pour récupérer l'huile. On peut
torréfier la graine avant de la presser ce qui donne une
huile alimentaire au goût de noisette délicieuse avec des salades, le couscous ou tout simplement une omelette. De plus sa consomation
diminue le taux de choréstérol et les risques cardio-vasculaires.
La seconde possibilité est de ne pas opérer de torréfaction. Nous obtenons alors une
huile cosmétique qui rend la peau particulièrement douce, qui prévient les rides et qui est un excellent nourrissant pour les cheveux.
La récolte des fruits, leur dépulpage, l'extraction de la graine et son pressage sont exécutés depuis toujours par les femmes de la région d'Agadir. Aujourd'hui elles se sont regroupées et ont organisé leurs efforts afin de répondre aux exigences du
commerce équitable.
Mme Zoubila Charrouf, enseignante/Chercheur à l'Université des sciences de Rabat, a monté il y a quelques années cette structure permettant à ces femmes de bénéficier de
conditions de travail décentes et d'une juste reconnaissance de leur activité. Elle s'est aussi impliquée à trouver les fonds et les partenaires nécessaires à l'exportation de l'huile. Etant
chercheur en chimie moléculaire, elle a fait de nombreuses études sur les
propriétés de l'huile d'Argan et continue encore aujourd'hui ses efforts afin d'améliorer la qualité du produit.
Le GIE Targanine est donc une structure centralisant la productions des femmes est la vend ensuite sur
le marché local et international. L'offre est remarquablement diversifiée, il y a des petites, moyennes et grandes fioles d'huile à la fois alimentaire et cosmétique, mais aussi des vaporisateurs pour les massages, de l'huile produite soit de façon traditionnelle soit par des procédés plus technologiques, des pâtes à tartiner ou enfin des savons. Targanine vend aussi de grosses quantités d'huile à des clients désirant commercialiser ce produit sous leur propre marque telle
Alter Eco.
Actuellement, production des coopératives est limitée par le
manque de machines et de locaux dont bénéficie la structure. La croissance de l'entreprise est donc très lente et dépend essentiellement des dons. De grandes personnalités y ont d'ailleurs participé comme
Albert de Monaco ou encore le
Roi du Maroc.